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21-11-2008
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Pousada au Brésil, mode d'emploi Version imprimable

Voici l'expérience vécue d'une affaire commerciale au Brésil

"Du rêve à la réalité" : auteur : Eric Gabert - Gérant de la Casa Résidencial Suites d'France

Bonjour,

Tout Français décidant quitter la France pour s'installer à l'étranger, envisage  pour une grosse majorité, exercer une activité reposante et agréable, en bordure de plages, entouré, si possible de  gens sympathiques et agréables.

La première chose qui vient à l'esprit quand on arrive, dans un pays autre que le sien, et d'une part de trouver un logement et d'autre part de se constituer une source de revenus. L'option du logement est la plus facile à résoudre surtout si l'on dispose d'un capital conséquent et que la monnaie du pays de destination permets, d'aquérir à moindre frais un bien immobilier de qualité et correspondant parfaitement à ce que l'on recherche.

Ensuite une fois le logement trouvé, il faut réflechir à comment subvenir à ses besoins journaliers, si l'on a pas de rentrée d'argent extérieure et que surtout , l'on n' a pas envie de "piocher" dans son capital et c'est là que l'idée de faire des chambres d'hôtes germe dans l'esprit de beaucoup de monde.

Au Brésil, les maisons familiales sont appelées "pousada" ou comment se loger et espérer gagner de l' argent en rentabilisant au mieux son investissement. C'est mon histoire que je vais vous décrire et peu être vous donnez aussi envie de faire la même chose.

Le démarrage  

Tout a débuté en début d'année 2004, par l'achat, dans une ville de montagne à 1700 m d'altitude, connue seulement des Paulistas (les gens de Sao Paulo) et des cariocas( ceux de Rio de Janeiro), d'une pousada à taille humaine (8 chambres) en perte de vitesse.En effet, en tant que novice dans ce type d'activité, je ne souhaitais pas investir dans une affaire "énorme"  et surtout qu'au départ,  je m'etais fixé,  un budget raisonnable d'achat qui se limitait à 50% de mon argent total disponible à l'époque. L'idée étant de démarrer par une premiere affaire et ensuite si ce type de travail était plaisant, d'investir plus tard dans une autre plus importante.

Après avoir visité une bonne cinquantaine de maisons et pousada en 4 mois Undecided, mon choix s’est porté sur une pousada, petite en surface (270 m2 quand même) et en capacité (8 chambres pouvant recevoir 24 personnes), mais ayant un potentiel à développer, situé dans une ville connue et réputée en saison hivernal par les Brésiliens, en dehors des circuits traditionnels touristiques. Privilégiant plus une clientèle locale et régulière que de passage, notamment de touristes extérieur au pays, pour limiter à moyen et long terme une baisse de fréquentation lié à un change monétaire qui pourrait être défavorable ou un renchérissement des coûts de transports par le biais d’une hausse des carburant, cette pousada correspondait parfaitement à mon idée sur le type de clientèle que j’avais défini. A ceci j’ajoutais aussi un prix d’achat en dessous de mon budget prévu. Quelques travaux étant nécessaire, cela me laissait une marge pour les réaliser et arriver au fameux 50% fixé dès le départ

premier bilan 

La première année d’exploitation fut consacré à la rénovation complète des bâtiments et aux réaménagement des chambres que ce soit au niveau de la décoration et de l’aspect des salles de bains Money mouth. Ma femme étant issu de la restauration, porta son travail sur la partie « petit déjeuner » et enrichie celui-ci de spécialités françaises qui faisaient la différence avec les autres pousada du secteur. Un travail de fonds fut réalisé aussi sur le positionnement du type de clientèle visé et sur les supports publicitaires à mettre en œuvre pour faire connaître plus largement nos prestations.

Le premier chiffre d'affaire tomba largement en dessous Cry de ce que l’ancien propriétaire nous avait annoncé mais que j’avais à titre préventif diminué de 50% pour n’avoir pas de surprise Wink, malgré cela on restait encore en dessous de 25%….eh oui, le Brésil est un pays ou la confiance, est une donnée rare, et ou chacun essaye de rouler son prochain. Bien sur, une des causes de ce chiffre inférieur aux prévisions volontairement basses, à mes yeux, était le repositionnement de clientèle qui automatiquement demande du temps, les anciens clients étant des gens ayant peu de moyen, cherchaient surtout des chambres à prix discount et la durée de fréquentation n’excédait pas une nuit, pas rentable et favorisant plus une usure prématurée du materiel,  faire du volume pour en retirer une faible marge, ce n’en pas mon style et en changeant le standing et les prestations, les prix proposés étaient tirés vers le haut, donc avec l'objectif de faire moins et plus rentable.

Une fois, le premier exercice passé, comme tout bon gestionnaire, le poste dépense fut examiné à la loupe, et toutes les charges inutiles furent vite éliminés dans la mesure du possible tel que celle d’avoir par exemple, une ligne fax qui ne fut utilisé que 5 fois sur 12 mois etc. et comme dans tout démarrage de nouvelle activité, quelques dépenses inutiles sont faite d’où l‘intérêt de corriger le tir…

2eme année d'exploitation 

Le deuxième exercice apporta beaucoup de satisfaction Cool, le C.A fut en progression de + 30% par rapport à l’année précédente, et pour la seconde année, l’équilibre entre rentrée d’argent et charge fut atteint. Nos efforts portant sur les prestations offertes et sur la qualité de celles-ci commençaient à porter les objectifs fixés, et confortait l’idée que seul la qualité rapporte à long terme (ce qui se confirmera par la suite)

3eme année d'exercice

Le troisième exercice fut encore meilleur avec une progression de +25% Tongue out par rapport au chiffre du second exercice, mais cet élan fut stoppé dans sa progression par une erreur de la municipalité, qui provoqua une chute de fréquentation des touristes de 40% Undecided sur le mois le plus intense de l’activité hivernale,  qui pese, au passage  50 % du global du chiffre annuel.  A force de vouloir taxer tout le monde pour faire rentrer de l'argent dans les caisse de la ville, en augmentant le prix du stationnement, en imposant à ceux qui creent des manifestations des taxes à hauteur de 100% du montant de leur investissement etc ...et en pensant à tord que les gens viennent uniquement pour les "beau yeux de la ville", et bien, on arrive à tuer tout simplement la "poule aux oeufs d'or" en l'occurence ici les touristes.

Par la suite, la municipalité victime d'attaques dans la presse sur sa gestion désastreuse, rétorqua que la baisse de fréquentation était la cause de la coupe du monde de Football Surprised et qu'une grosse partie des investissements commerciaux des grosses sociétés ayant lieu durant ce mois de juillet, etaient passé dans des budgets publicitaires attrait à la coupe du monde de football ( la coupe à bon dos), et qu'aussi les commerçants payaient leur politique de prix élevé et inadapté à la demande général.

Trés drôle comme réponse, de rejeter ses erreurs sur d'autres boucs émissaires,  sachant que la municipalité ayant de son côté augmenté le poids de ses taxes pour l'ensemble des activités commerciales et qu'il etait logique que cela soit répercuté à un moment ou à un autre, aux consommateurs, ensuite difficile de brader des prestations quand vous assurez 50% de votre chiffre sur 30 jours. donc pour en revenir à mon cas de figure, l’avance engendrée fondit rapidement et le troisième exercice finit à peu de chose prés, sur le même chiffre d’affaire que l’année précédente, dégageant cependant un léger bénéfice ( +2%), j'avais mangé mon avance acquise en moins de 30 jours !!!.

4eme année  Laughing

La quatrième année d’exercice confirma le travail de fond commencé 3 saisons plus tôt, axé sur la qualité globale,  la progression du chiffre d’affaire fut régulière et supérieure, seulement de 10% à l’exercice précédant, l’erreur stratégique sur la gestion de la manne touristique de la municipalité de l’année précédente, non reconduite sous la pression de l'ensemble des commerçants,  aura laissé des traces qui seront difficiles à digérer dans les années à venir sur la fréquentation touristique en haute saison, seules les affaires de qualité sont celles qui ont pu tiré les « marrons du feu » durant cette saison, ce qui est mon cas.

Comme en France, la durée de vie à long terme d’une entreprise se fait dans les 3 premières années de son existence : la première année, généralement on dépense sans compter et on ne sait pas ou l’on va, la seconde, on réajuste les dépenses en fonction des rentrées, et la troisième, normalement, elle confirme si l’activité est rentable ou pas. Concernant une activité de petite hôtellerie, la fidélisation des clients est l’une des clefs du succès, le bouche à oreille permet fortement de développer son affaire et vaut mieux que toutes publicités onéreuses, cependant cela mets aussi du temps, les clients venus la première années, reviennent en principe la troisième et ceux de la deuxième, remplissent la quatrième ainsi de suite, ce qui crée un fond de commerce insensible à toutes causes extérieures, et ce courant d’affaire s’ajoute les nouveaux clients envoyés par des anciens etc.….

5eme année peut-être ? Smile 

Le 5eme exercice démarra sûrement sans moi, car actuellement je suis sur un autre projet commercial, proche de ma première affaire, qui aujourd’hui est mis en vente pour financer ce nouvel investissement tout aussi intéressant mais plus prenant.

voici le lien de mon site, si l'aventure  vous tente, mon affaire n'attends qu'un repreneur sérieux pouvant assurer la continuité du travail engagé depuis 4 saisons.

http://suitedefrance.site.voila.fr

 

 

 

 
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