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Brésil - Une puissance viticole émergente (Fr) Version imprimable

Le Brésil accroît ses surfaces plantées en vigne et la consommation de vin y est en progression, de même que les importations de vins.

Article en Français, publié le 03/09/2007

Source : Viti-net 

Numéro un mondial d’éthanol, gros producteur de soja et de volailles, le Brésil agricole produit aussi du vin. Une réalité méconnue puisque qu’une faible partie en est exportée. Mais cette situation devrait évoluer à l’avenir. Classé 15e producteur mondial par l’OIV, le Brésil a la superficie de ses vignobles croître de 43% depuis 2000. La production brésilienne de vin en 2007 devrait représenter plus de 3 millions d’hl, en légère hausse par rapport à 2006. A l’augmentation de la production dans les années à venir va aussi correspondre une évolution qualitative.

Considéré comme un producteur de vins d’entrée et moyenne gamme, le Brésil a engagé un important travail de restructuration. La viticulture brésilienne a pris son essor dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec des cépages importés de la péninsule ibérique, des cépages hybrides, des variétés internationales ou des cépages prisés ailleurs en Amérique du Sud (carmenère, malbec). « Le Brésil est en train d’accomplir une restructuration très intéressante de son vignoble, explique Federico Castelluci, directeur général de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin. Des hybrides de deuxième génération sont en train d’être plantés ».
Le merlot par exemple ne s’est pas révélé très adapté au climat des régions brésiliennes où sont implantés les vignobles, telles que l’Etat du Rio Grande do Sul (concentrant la majorité de la production) avec ses étés humides. L’Embrapa, l’institut brésilien de recherche agronomique, a donc mis au point une nouvelle variété plus résistante au mildiou, issue du croisement de merlot et de villard noir. Le nouveau cépage permet selon l’Embrapa des rendements de 30 tonnes à l’hectare, contre seulement 8 pour un merlot planté sur la même zone. Il devrait ainsi contribuer à une meilleure compétitivité des vins brésiliens, tant sur le marché intérieur qu’à l’international.

« La filière continue de travailler à produire des vins de cépage pour le marché mondial », note Federico Castelluci. Des investissements lourds en matière d’équipements et de forces de vente ont été réalisés. En 2003, les professionnels brésiliens ont créé l’organisme « Wines from Brazil » pour promouvoir les vins brésiliens sur les marchés étrangers. La tâche paraît lourde tant le Brésil n’est pas du tout associé au monde du vin par le grand public. Mais la filière mise sur l’image positive du Brésil, notamment en Europe. Et parie sur la diversité de ses vins et leur effet nouveauté sur le marché international. Les exportations ont progressé de 6,75% entre 2006 et 2007 selon l’Union brésilienne de vitiviniculture.
Les vins brésiliens sont exportés vers les pays d’Amérique latine, l’Europe, l’Allemagne en particulier, et les États-Unis. “Répondant à hauteur de 33% du total des exportations brésiliennes de vins rouges, les États-Unis sont toujours le principal client du Brésil”, précise-t-on à la Mission économique française de Sao Paulo.

Les exportations françaises en hausse de 53% en 2006



Le Brésil présente un marché intérieur dynamique. Grâce aux efforts de la grande distribution, des magasins spécialisés, de plus en plus de consommateurs s'intéressent et se familiarisent au vin. (© Viti-net)
Se voulant plus conquérant à l’international, le Brésil viticole présente aussi un marché intérieur dynamique. La consommation de vin y est en hausse (+15% en cinq ans), favorisée par une bonne conjoncture économique. “Grâce aux efforts de la grande distribution, des magasins spécialisés et des diverses associations professionnelles, de plus en plus de consommateurs s’intéressent et se familiarisent au vin. Nous nous approchons progressivement d’une consommation européenne caractérisée par une certaine régularité”, indique la Mission économique française.
Les importations de vins au Brésil ont progressé de 35% en volume de janvier à mai 2007. La France se situe actuellement au 5e rang des fournisseurs étrangers de vin au Brésil, derrière le Chili, l’Argentine et le Portugal. Les exportations françaises de vins au Brésil, encore modestes, ont bondi de 53% en volume (hors Champagne) entre 2005 et 2006. Les vins français restent certes “encore freinés par une image très haut de gamme touchant une partie restreinte de la population”, mais la Mission économique de Sao Paulo évoque “des opportunités intéressantes” pour les exportateurs français, à mesure que le Brésil, qui compte 162 millions d’habitants, rejoindra pleinement le club des pays viticoles.

Ingrid Proust / Ligérienne de Presse

 
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